bibliographie sélective

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Françoise Barbe-Gall, Comment regarder un tableau ? 2008

Roland Barthes, Rhétorique de l’image (1964), S/Z (1970), La chambre claire : Note sur la photographie (1980), Essais critiques. III, L’obvie et l’obtus (éd. 1982)

Charles Baudelaire, Le Peintre de la vie moderne, 1863

Umberto Eco, Art et beauté dans l’esthétique médiévale, 1987

Elie Faure, Histoire de l’art (l’art moderne I & II) 1919-1921, réédité en 1987

E.H Gombrich, Histoire de l’art, 1950

Nadeije Laneyrie-Dagen, Lire la peinture dans l’intimité des oeuvres, 2011

Edward Saïd, L’Orientalisme, 1978

Victor Segalen, Essai sur l’exotisme, 1955

Pierre Sterckx (choisis et commentés par), Les plus beaux textes de l’histoire de l’art , 2009

 

~ Pour finir, voici quelques titres de romans passionnants où l’art est souvent un personnage à part entière…

  • Tracy Chevalier :

La Jeune Fille à la perle (The Girl with a Pearl Earring) 1999

 L’action se déroule à Delft aux Pays-Bas au XVIIe siècle et le récit a été inspiré par le tableau de l’artiste Johannes VermeerLa Jeune Fille à la perle en imaginant l’histoire qui a conduit à la création de cette œuvre. Le roman a été adapté en 2003.

La Dame à la licorne (The Lady and the Unicorn) 2003

Désireux d’orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. Surpris d’avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l’artiste accepte néanmoins après avoir entrevu la fille de Jean Le Viste dont il s’éprend. La passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes. En élucidant le mystère d’un chef-d’œuvre magique, Tracy Chevalier ressuscite un univers de passion et de désirs dans une France où le Moyen Age s’apprête à épouser la Renaissance.

  • Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, 2010

Ce roman imagine le voyage que Michel-Ange aurait pu effectuer en mai 1506 à Constantinople à la demande du sultan Bajazet qui l’invita à délaisser les travaux du tombeau du pape Jules II pour réaliser un projet de pont sur la Corne d’or, bras de mer qui sépare l’Istanbul antique du quartier de Pera, sur le Bosphore

  • Orhan Pamuk, Mon nom est rouge (en turc Benim adım Kırmızı), 1998 

Le roman se déroule dans le milieu des peintres miniaturistes à Istanbul vers la fin du XVIe siècle : c’est une enquête policière doublée d’une intrigue amoureuse, qui contient aussi de nombreuses allusions à l’histoire de la peinture de miniatures. Le roman a remporté plusieurs récompenses, dont le Prix du Meilleur livre étranger en France en 2002.

 

Courants du XIXe et du XXe siècles

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Jacques-Louis David – Le Serment des Horaces, 1785

Néoclassicisme

Le néoclassicisme naît au milieu du XVIIIsiècle et se développe dans toute l’Europe jusque dans les années 1830.

En réaction contre la fantaisie du style rococo, les artistes s’inspirent à nouveau de l’Antiquité. Le néoclassicisme veut éduquer le spectateur. Il s’oppose aux peintures frivoles des scènes galantes et préfère les sujets nobles qui inspirent des valeurs morales, comme l’honneur, le courage. Le néoclassicisme est lié à un goût de l’époque pour l’archéologie. En Italie, les deux cités romaines ensevelies après l’éruption du Vésuve en 79, Herculanum et Pompéi, sont mises au jour. Leurs fouilles sont les plus importantes de ce XVIIIe siècle. Les deux cités fascinent et relancent la mode pour l’Antiquité.

Le modèle classique, déjà consacré pendant la Révolution, devient, avec Napoléon, le signe extérieur,  l’expression artistique de la grandeur et de la puissance impériales. C’est ainsi que l’on vit Paris se couvrir de temples, d’arcs de triomphe et de basiliques à la manière d’une Rome ressuscitée

 

 

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Jacques Louis David – La Mort de Marat (ou Marat assassiné), 1793

Romantisme

Le Romantisme commence à la fin du XVIIIe siècle et introduit le XIXe siècle. Les artistes de ce mouvement littéraire et artistique, les romantiques, s’opposent au classicisme. Ils ne veulent pas représenter le beau, la nature parfaite mais exprimer leurs sentiments.

L’artiste romantique se tourne vers la nature. Il la représente souvent menaçante: des gouffres, des montagnes, des tempêtes. L’homme est tout petit face à elle. Elle est source d’inspiration, de rêverie. Friedrich et Turner sont les grands peintres de cette nature.

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Caspar David Friedrich – Le Voyageur contemplant une mer de nuages , 1817

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Caspar David Friedrich – L’Abbaye dans une forêt de chênes, 1809-1810

 

 

 

 

 

 

 

 

 Friedrich écrit: « Le peintre ne doit pas seulement peindre ce qu’il voit devant lui, mais aussi ce qu’il voit en lui-même. »

 

 

 

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James Abbott Mac Neill Whistler – Nocturne en noir et or : la fusée qui retombe, 1875

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Joseph Mallord William Turner – Tempête de neige en mer, 1842

Turner, peintre de la lumière, préfigure aussi bien les impressionnistes que la peinture abstraite. Mais il est romantique par la puissance expressive qu’il communique précisément à cette lumière.

 

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Théodore Géricault – Le Radeau de La Méduse, 1818 – 1819

 

La peinture d’histoire à l’École des beaux-arts était l’exercice le plus important. Les artistes devaient peindre les évènements de l’histoire antique. Les romantiques souhaitent représenter le présent. Les peintres français réalisent de grandes toiles des épisodes de l’histoire moderne.

En 1816, la frégate « La Méduse » fait naufrage près des côtes du Sénégal. Géricault peint son célèbre tableau Le Radeau de la Méduse trois ans plus tard.

Nous avons parlé des contrastes de lumière particulièrement frappants dans cette peinture et à cette occasion nous avons évoqué l’oeuvre du Caravage et de Georges de la Tour, célèbres pour leur manière de peindre le clair-obscur.

Vous pouvez lire ici d’intéressantes analyses de la lumière dans les tableaux du Caravage et de Georges de la Tour

 

Orientalisme

 

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Jean-Auguste-Dominique Ingres – Le bain turc, 1862

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Eugène Delacroix – La mort de Sardanapale, 1827

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Eugène Delacroix – Femmes d’Alger dans leur appartement, 1834

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A ce propos, vous pouvez lire l’ouvrage d’Edward Saïd, L’Orientalisme (1978). Considéré comme le texte fondateur des postcolonial studies, ce livre analyse la vision occidentale du Moyen-Orient  au XIXe siècle dans l’art et la littérature et les implications de cette vision en termes de colonisation et d’impérialisme culturel jusqu’aux années 1970.

 

Réalisme

En 1848, une révolution se déroule en France. Le peuple se soulève contre le pouvoir et instaure la IIe République. Les préoccupations sociales touchent également les arts. Certains peintres vont refuser de représenter uniquement le passé. Ils s’intéressent à la société d’aujourd’hui, à la situation des ouvriers, des paysans. Ils puisent leurs sujets dans la réalité et non plus dans la Bible et dans les récits de l’Antiquité. 

 

Courbet est le chef de file de ce nouveau mouvement. Il se détache des grands maîtres et son seul modèle est la nature. Il peint de nombreux portraits et des paysages, genre mineur pour l’Académie. En 1855, après de nombreux refus au Salon, il décide de monter, à part, sa propre exposition. Il accroche ses toiles dans une baraque à Paris qu’il nomme le “Pavillon du Réalisme”. Il s’agit de la première exposition indépendante qui inspirera celle des impressionnistes vingt ans plus tard. Champfleury, critique d’art rédige Le Manifeste du réalisme. Courbet veut “faire de l’art vivant”, comme il l’écrit: représenter des sujets du quotidien. En 1850, il peint Un enterrement à Ornans, toile très critiquée. Il utilise le grand format, réservé à la peinture d’histoire, pour peindre un sujet banal, non héroïque. Au premier plan du tableau: le trou de la tombe. Les paysans sont au même plan que les notables et les prêtres. D’autre part, il renonce au dessin et à la touche lisse, académique. Sa touche est épaisse, laissant volontairement apparaître les traces de son pinceau. 

 

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Gustave Courbet – L’atelier du peintre, 1854-1855

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Gustave Courbet – Un enterrement à Ornans, 1849-1850

Mais c’est principalement dans le domaine de la libido ( l’énergie « sexuelle » mais plus largement toute l’énergie qui nous habite, qui nous anime plutôt) que Courbet manifeste ce débordement d’énergie qui est la vie-même qu’il entend peindre. Le « cadrage » du seul buste de la Femme nue (1868) et de La Femme à la Vague (1868) condense toute l’énergie dans un détail du corps féminin. Au nu académique de marbre, Courbet préfère la nudité de la chair. n’est pas nue mais déshabillée (en témoignent les bas qu’elle n’a pas retirés) ; comme sa Femme au Perroquet (1866) au pied du lit de laquelle gît une pièce de sous-vêtement. Chez toutes, la chair est là aussi bien dans ses courbes moins parfaites que celle des Vénus académiques que dans les poils qui occupent les aisselles et le sexe.

Aux scènes mythologiques surchargées d’érudition, Courbet préfère des scènes plus intimes et plus chargées d’érotisme. L’académisme fait glisser le désir sur un corps irréel, l’esthétise, le sublime, Courbet désire dans la peinture-même le corps qu’il peint. 

 

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Gustave Courbet – Femme à la vague, 1868

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Gustave Courbet – Femme au perroquet, 1866

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le réalisme c’est donc cela : le transport dans la peinture de ce qui était jusque là seulement évoqué par elle. L’énergie (de la nature, du travail, du désir ) entre dans le cadre et façonne jusqu’à la forme (la manière de peindre).

 

Impressionnisme

Au début des années 1860, de jeunes peintres se regroupent pour créer une nouvelle peinture. Ils se détachent des règles trop strictes de l’Académie. Ils fréquentent les ateliers privés où l’on peut peindre avec plus de libertés contrairement à l’École des beaux-arts. Les plus connus sont: Edgar Degas, Claude Monet, Auguste Renoir, Camille Pissarro, Paul Cézanne, Berthe Morisot. Monet les invite à abandonner l’atelier pour peindre en plein air. Ils sont soutenus par Édouard Manet mais sont difficilement acceptés par le public. Refusés au Salon, ils créent leur propre exposition en 1874, chez leur ami, photographe Nadar, à Paris. Louis Leroy, critique d’art visite l’exposition et pour la moquer, il intitule son article L’exposition des Impressionnistes. Il emprunte cette expression au titre du tableau de Monet qui y est exposé : Impression soleil levant. Il reproche au tableau de n’être qu’une « impression », une ébauche, un tableau non fini. Il donne ainsi, sans le vouloir, son nom à ce nouveau mouvement artistique, l’impressionnisme. Zola, qui avait soutenu Manet, publie des articles pour défendre ce jeune groupe. Les impressionnistes exposeront ensemble sept fois jusqu’en 1886. 

 

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Claude Monet – Impression soleil levant, 1872

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Auguste Renoir – La Grenouillère, 1869

Des nouveautés matérielles
L’invention d’un chevalet plus léger et des tubes de peinture leur permet de sortir de leur atelier. Cette facilité les amène également à voyager. Ils prennent le train pour aller peindre des paysages dans toute la France mais également en Italie, en Angleterre ou en Hollande.

Ils admirent tous Delacroix qui utilise sur ses toiles des couleurs pures. Ils mélangent peu les couleurs et préfèrent utiliser les primaires et leurs complémentaires. Leur palette est claire pour peindre la lumière et ses effets sur le paysage. Ils sont fascinés par les changements de couleur en fonction des heures de la journée, des saisons.

Leurs contemporains sont choqués par leur nouvelle façon de peindre mais aussi par le choix de leurs sujets. Autour de Claude Monet, ils commencent à peindre des paysages, genre mineur pour l’Académie. Ils admirent les tableaux du peintre anglais William Turner. Ils souhaitent représenter la vie moderne comme Manet. Ils peignent la ville, les gares, les usines, symboles de la modernité, mais aussi les loisirs de la société. Renoir peint les guinguettes où l’on danse, Toulouse-Lautrec les cabarets et Degas l’Opéra. Il représente tous ceux qui s’y retrouvent: les musiciens, les spectateurs, mais surtout les danseuses sur scène, lors de leurs cours, dans les vestiaires.

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Edgar Degas – La classe de danse, 1874

Symbolisme

C’est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle qu’un courant symboliste naît. Ce courant se développe ainsi dans le contexte d’une société en pleine mutation (progrès technique, capitalisme en plein essor, exode rural, glissement des codes traditionnels, remise en cause des dogmes religieux…).  Le symbolisme s’oppose alors aux représentations matérielles et pragmatiques en développant un art amer et pessimiste, transcrivant un doute profond, un sentiment d’échec ou de décadence face au progrès récent. Il a ainsi recours à un monde imaginaire, immatériel, dont l’évocation est permise par l’intermédiaire du rêve, de la vision ou de l’hallucination. La référence aux cultes est alors fréquente notamment par la représentation d’un monde de l’au-delà.

Le courant pictural symboliste se caractérise par une production d’images différente de la réalité visible grâce au recours aux « symboles » comme l’allégorie ou l’emblème. L’image doit provoquer ou suggérer des significations nouvelles et mystérieuses, autres que celles représentées.

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Redon – La cellule d’or, 1892

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Redon – Réflexions

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Redon – Les épines rouges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gustave Moreau 

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Moreau – Les voix, 1867

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Moreau – La mort de Sapho, 1870

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Moreau – L’apparition, 1874

 

Art nouveau

L’Art nouveau est l’art de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe. C’est « l’art de la belle époque ». Ce mouvement artistique qui accompagna le changement de siècle naquit en réaction à la révolution industrielle qui transformait l’Europe en société industrielle. Il prônait donc le retour de la nature au centre de l’Art (et de la ville).
L’Art nouveau se caractérise donc par des formes ondoyantes et enchevêtrées, des volutes, des enroulements, des arabesques, et privilégie l’esthétiques des courbes et des asymétries. C’est l’art de l’ornementation, des plantes, des fleurs. Cet art de l’émotion et de la sensualité s’exprima dans tous les domaines, de l’architecture au mobilier, de la sculpture à la mode, de la calligraphie à la joaillerie. Bien souvent, on le retrouve dans des travaux de ferronneries, des mosaïques, des fresques ou des vitraux. Enfin, quelques-uns de ses plus célèbres représentants furent Hector Guimard (les célèbres entrées du métro parisien), Alfons Mucha, Emile Gallé, Louis Majorelle ou Antoni Gaudi.
Bref, si vous ne deviez retenir qu’un adjectif caractérisant cet art de la nature, retenez celui de « pittoresque ».

 

 

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Gaudí – Casa Batlló (Barcelone), intérieur

 

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Gaudí – Casa Batlló (Barcelone), extérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Hôtel Tassel (Bruxelles)

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Grüber – vitraux de la chambre de commerce et d’industrie de Meurthe-et-Moselle

 

 

 

 

 

 

                                                                           Mucha                    

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Klimt – Le baiser, 1907

Cubisme

Le cubisme est un mouvement d’avant-garde du XXe siècle, qui a révolutionné la représentation par la géométrisation. 

L’utilisation des formes géométriques et la représentation de toutes les facettes d’un objet marque une rupture avec la perspective (la profondeur). Les artistes cubistes fragmentent les objets et les personnages dans leurs œuvres. Un objet peut être vu de plusieurs points de vue. Les cubistes utilisent des objets de la vie quotidienne comme : des bouteilles, de la vaisselle ou encore des fruits ; avant de s’intéresser aux instruments de musique. Ils abandonnent peu à peu les paysages pour les natures mortes. 

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Braque – Violon et bougie, 1910

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Picasso – Les demoiselles d’Avignon, 1907

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Albert Gleizes – l’Homme au Balcon, 1912

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Picasso – figure dans un fauteuil, 1909

Art abstrait

Au cours de la deuxième décennie du vingtième siècle, un tournant radical et déterminant s’opère en peinture, l’invention de l’abstraction.

Certes, depuis la nuit des temps, des formes non figuratives ont été utilisées au sein de programmes décoratifs, par exemple les grecques ornant les terres cuites de l’Antiquité, les arabesques des ferronneries baroques ou les volutes de l’Art Nouveau. Mais ces motifs étaient subordonnés à des finalités extérieures, comme l’embellissement d’un lieu ou d’un objet.
La démarche qui caractérise les maîtres de l’abstraction du début du 20e siècle consiste à proposer, purement et simplement, une « image abstraite ».
L’oxymore que constitue cette expression, une image étant traditionnellement définie comme une réplique de la réalité, indique la nouveauté de l’entreprise. Les peintures abstraites sont des images autonomes qui ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Dans ce sens, elles s’apparentent aux icônes de la religion orthodoxe qui manifestent la présence d’un contenu plutôt qu’elles ne le représentent, mais, à la différence de ces images religieuses, les peintures abstraites rompent avec le monde des apparences. Elles révèlent l’existence de réalités jusqu’alors invisibles et inconnues, que chaque artiste détermine à sa façon, selon ses propres convictions, son parcours et sa culture, de l’art populaire aux théories les plus spéculatives. Chacun des quatre artistes pionniers de l’abstraction, Frantisek KupkaVassily KandinskyKasimir Malevitch et Piet Mondrian, aboutit ainsi à sa propre formulation de l’abstraction, indépendamment des autres.
Ils ont néanmoins franchi le seuil de l’abstraction à peu près au même moment, entre 1911 et 1917, simultanéité qui peut s’expliquer par des préoccupations communes. Ils avaient tous une pratique spirituelle ou ésotérique. Ils étaient aussi, pour certains d’entre eux, très attachés à la musique, le moins imitatif de tous les arts, qu’ils ont parfois pris comme modèle. Et, plus généralement, ils travaillaient dans un contexte culturel, en particulier scientifique avec l’apparition de la physique quantique et de la théorie de la relativité, où la notion de réalité devenait problématique. Comme le remarquait Paul Valéry à cette époque, « Ni la matière, ni l’espace, ni le temps ne sont depuis vingt ans ce qu’ils étaient depuis toujours ». Dans ce contexte culturel et scientifique du début du 20e siècle, la réalité est moins ce que l’on perçoit à l’aide des cinq sens qu’une entité que l’on approche par des expériences de pensée.
Les inventeurs de l’abstraction proposent une nouvelle forme de peinture en adéquation avec cette conception du monde.

 

 

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Kandinsky – Horizontale 1924

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Kandinsky – Cercles dans un cercle, 1923

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Robert Delaunay – Rythme, vers 1930

 

 

Surréalisme

Le groupe des Surréalistes s’est formé à partir de l’esprit de révolte qui caractérise les avant-gardes européennes des années 20. Tout comme le mouvement Dada, auquel certains ont appartenu, ces poètes et ces artistes dénoncent l’arrogance rationaliste de la fin du 19e siècle mise en échec par la guerre. Constatant néanmoins l’incapacité du Dadaïsme à reconstruire des valeurs positives, les Surréalistes s’en détachent pour annoncer l’existence officielle de leur propre mouvement en 1924.

Dominé par la personnalité d’André Breton, le Surréalisme est d’abord d’essence littéraire. Son terrain d’essai est une expérimentation du langage exercé sans contrôle. Puis cet état d’esprit s’étend rapidement aux arts plastiques, à la photographie et au cinéma, non seulement grâce aux goûts de Breton, lui-même collectionneur et amateur d’art, mais aussi par l’adhésion d’artistes venus de toute l’Europe et des États-Unis pour s’installer à Paris, alors capitale mondiale des arts.

Les artistes surréalistes mettent en œuvre la théorie de libération du désir en inventant des techniques visant à reproduire les mécanismes du rêve. S’inspirant de l’œuvre de Giorgio De Chirico, unanimement reconnue comme fondatrice de l’esthétique surréaliste, ils s’efforcent de réduire le rôle de la conscience et l’intervention de la volonté. Le frottage et le collage utilisés par Max Ernst, les dessins automatiques réalisés par André Masson, les rayographes de Man Ray, en sont les premiers exemples. Peu après, MiróMagritte et Dali produisent des images oniriques en organisant la rencontre d’éléments disparates.

Leur première exposition collective a lieu à Paris en 1925. Puis le mouvement se diffuse à l’étranger pour atteindre une renommée internationale avec les expositions de 1936 à Londres et à New York, de 1937 à Tokyo, de 1938 à Paris, notoriété renforcée par l’immigration aux États-Unis de la majeure partie du groupe pendant la guerre. Le Surréalisme a ainsi profondément inspiré l’art américain : la pratique de l’automatisme est par exemple l’une des origines du travail de Jackson Pollock et de l’Action Painting, tandis que l’intérêt porté par les Surréalistes au thème de l’objet annonce le Pop Art.

 

René Magritte
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Magritte – La trahison des images, 1929

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Magritte – Les amants, 1928

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Magritte – la reproduction interdite, 1937

 

 

Joan Miró

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Salvador Dalí
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Dali – Le sommeil, 1937

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Dali – La tentation de St Antoine, 1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dali – Enfant géopolitique observant la naissance de l’Homme nouveau, 1943

 

 

Quelques tendances contemporaines

 

Hyperréalisme

Ron Mueck

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Mauro David – crystal dish with melons, 1999

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Agustín Reche Mora – Calle Sevilla desde la cafetería Hontanares hacia Alcalá, 1993

Street art

Zilda et un lien pour voir son oeuvre : Zilda 

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Ernest Pignon Ernest

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Zoo Project

3        Un article sur  Bilal Berreni (Zoo Project)

 

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Une trace de Banksy à Gaza

 

Il s’agit bien sûr de quelques exemples, ce qui se fait en art depuis les années 1950/60 est d’une variété formelle infinie (performances, arts numériques, design, art conceptuel…)

Voici quelques liens vers des institutions / manifestations qui s’intéressent à l’art contemporain :

Centre Pompidou (Paris)

Musée d’art moderne (Paris)

Fondation Cartier (Paris)

Berlin Biennale für zeitgenössische Kunst (Berlin)

Museum of Modern Art (New York)

Museu d’art contemporani de Barcelona (Barcelone)

les autoportraits

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Afin d’aborder ce « genre dans un genre », nous avons commencé par les premières représentations de soi à la Renaissance

L’autoportrait inséré

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Masaccio – Résurection du fils de Théophile, fresque, chapelle Brancacci, Florence, 1484

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Masaccio – Résurrection du fils de Téophile, détail

 

 

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Filippino Lippi, Crucifixion de st Pierre – fresque, chapelle Brancacci, Florence, 1484

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Lippi – Crucifixion de st Pierre, détail

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Boticelli – Adoration des mages, 1475

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Boticelli – Adoration des mages, détail

Des peintres connus pour leurs nombreux autoportraits

Albrecht Dürer

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Vous pouvez retrouver ici une lecture de l’œuvre de Dürer : profondeur de champs

Vincent Van Gogh
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Frida Kahlo
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Frida Kahlo – autoportrait aux cheveux coupés

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Frida Kahlo – La colonne brisée

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Frida Kahlo – autoportrait en robe de velours 1926


 

Après avoir évoqué ces autoportraits à la dimension autobiographique et introspective, nous avons étudié des tableaux où les peintres font une référence à la particularité de leur art et où ils se mettent en scène

 

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Vermeer – L’art de la peinture, 1666

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Vélasquez – Les ménines, 1656

 

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Magritte – Tenter l’impossible, 1928

 

En classe nous avons également comparé deux autoportraits réalisés à peu près à la même époque mais que plusieurs éléments distinguent

 

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Rembrandt – autoportrait aux deux cercles, 1665 / 1669

 

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Poussin – autoportrait, 1650                                                                                                                                                                                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons aussi évoqué cet autoportrait atypique de Courbet

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Gustave Courbet – Le désespéré, 1843

 

Et pour finir, nous avons vu le tout premier autoportrait photographique attesté

 

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Robert Cornelius 1839

le portrait

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Au début du cours nous avons lu des extraits de l’Éloge de l’individu : essai sur la peinture flamande de la Renaissance de Tzvetan Todorov. Nous avons vu que le portrait a eu une existence plutôt mouvementée, présent dès l’Antiquité, il disparaît progressivement durant le Moyen Âge pour réapparaître à la Renaissance.

Nous avons vu des exemples de portraits en Grèce et en Egypte antiques et nous avons aussi évoqué les portraits du Fayoum dont voici une présentation 

Nous avons ensuite vu l’évolution du portrait  à partir du XIVe siècle.

 

 

Anonyme – Jean le Bon, 1350 ou avant

 

 

 

 

 

 

 

 

Piero della Francesca – Portraits du duc et de la duchesse d’Urbino, vers 1415/1420

 

 

 

 

 

 

 

 

La Flandre 

 

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Van Eyck – Les époux Arnolfini, 1434

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Van Eyck – Portrait de Baudoin de Lannoy, 1435

 

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Van Eyck – Margaret Van Eyck, 1439

 

L’Italie

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Le Titien – Chevalier de Malte, 1510

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Leonard de Vinci – Mona Lisa, 1503/1505

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Leonard de Vinci – La dame à l’hermine, 1490

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Raphaël – Baldassare Castiglione, 1515

 La Hollande

perle

Vermee – La jeune fille à la perle, 1665

  • Portraits d’apparat
  Rois et empereurs
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Jean Clouet – François Ier, 1530

 

6 - 1701 hyacinthe rigaud louis xiv

Hyacinthe Rigaud – Louis XIV, 1701

7 - ingres napoléon Ier sur le trône impéarial 1806

Dominique Ingres – Napoélon Ier sur le trône impérial, 1806

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bourgeoisie
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Ingres – Madame Moitessier assise, 1851

 

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Ingres – La Comtesse d’Haussonville, 1845

 

 

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Ingres – Portrait de mademoiselle Rivière, 1805

Vous pouvez retrouver ici une vidéo avec une analyse très intéressante des portraits d’Ingres par l’historien de l’art Hector Obalk :   H. Obalk – Ingres, portraits

 

 

 

 

la couleur

Par défaut

Guido da Siena, XIIIe   

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Mantegna – La Lamentation sur le Christ mort 1480

 

Whistler (1834 – 1903)

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Harmony in blue and silver 1865

James Mcneill Whistler 4

Nocturne blue and silver cremorne Lights

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Nocturne blue and silver

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Nocturne blue and gold Southampton

Monet (1840 – 1926)

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Les coquelicots 1873

  

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La salle des Nymphéas au musée de l’Orangerie

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Water-Lilies

Monet – Les Nymphéas

Rothko (1903 -1970)

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Soulages (1919 -)

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Malevitch – Carré blanc sur fond blanc 1918

la figure dans la peinture

Par défaut
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anonyme – Onction de David par Samuel (enluminure)

2résurrection des morts 1200

Résurrection des morts (vitrail) vers 1200

3La Vierge d'Ognissanti

Giotto – La Vierge    d’Ognissanti 1300 (tempera)

4Saint François d'Assise recevant les stigmates 1300

Giotto – Saint François d’Assise recevant les stigmates 1300 (tempera)

   

7van eyck les époux arnolfini 1434

Van Eyck – Les époux Arnolfini 1434

Lam Godsretabel; Ghent Altarpiece or The Adoration of the Lamb; Der Genter Altar; Le polytyque de l'Agneau Mystique

Van Eyck – Polyptique de l’Agneau Mystique 1432-36 (retable)

6van eyck polyptique agneau mystique 1432-36 retable ouvert

8Masaccio - expulsion du jardin d'eden 1425

Masaccio – Expulsion du Jardin d’Eden 1425

9Sandro_Botticelli - la naissance de vénus 1484-86
Sandro Botticelli – La naissance de Vénus 1484-86
poussin-renaud-et-armide-1624-25

Poussin – Renaud et Armide 1624

la perspective

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1- duccio di buoninsegna le christ et la samaritaine 1301

Duccio di Buoninsegna – Le Christ et la samaritaine 1301

2 atelier de giotto - innocent iii approuve la règle de st françois 1300

Atelier de Giotto – Innocent III approuve la règle de Saint François 1300

3 Le Pérugin et aides1482 la remise des clés à st pierre

Le Pérugin et aides – La remise des clés à Saint Pierre 1482

3 raphael ecole d'athènes vatican fresque 1509-10       3'' Raffael_Stanza_della_Segnatura     

Raphaël – L’école d’Athènes 1509-10 (La chambre de la Signature, Vatican)

3'La cité idéale Piero della Francesca 1476

Piero della Francesca – La cité idéale 1476

 

     5 raphael  mariage de la vierge 1504

Raphaël – Le mariage de la Vierge 1504

l’effet ‘sotto in sù’
7 andrea pozzo la gloire fr st ignace fresque 1685-94 

Andrea Pozzo – La gloire de Saint Ignace 1685-94

l’anamorphose
4 Hans_Holbein le jeune - les ambassadeurs 1533

Holbein le jeune – Les ambassadeurs, 1533

les mythes dans la peinture

Image

~ Le mythe de Narcisse ~

caravage 1594  Le Caravge – Narcisse 1597

 poussin 1630 

Nicolas Poussin – La mort de Narcisse 1630

~ Le mythe d’Orphée ~

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  Bruegel – Orphée aux Enfers 1594

Jean-Baptiste-Camille Corot, 1861  

Corot – Orphée ramenant Eurydice des enfers  1861

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Gregorio Lazzarini – Orphée et les Bacchantes, 1710

 

      moreau 1865

 
Moreau – Jeune Fille thrace portant la tête d’Orphée 1865
 
 
 
 
 

~ Le mythe de Pandore ~

Jean_Cousin_l'ancien 1550  

Eva Pandora Prima – Jean Cousin 1550

John_William_Waterhouse 1896

John William Waterhouse – Pandora 1896

Pour terminer ce cours, nous avons lu cet article de Florence Dupont : Démystifier la mythologie ?